Pucelle de Florence Dupré la Tour

Florence Dupré la Tour

Je ne commenterais pas son nom à particules, elle en explique très bien le vécu dans sa BD, Pucelle.

Je ne vous ferais pas, non plus, l’affront de reproduire les lignes de Wikipedia qui vous présente extrêmement bien cette autrice. Je dirais rapidement qu’elle est née en 1978. Elle a fait ses études de dessin à Lyon, elle est Fan de Joann Sfar, je vous en parlerais bientôt c’est un dessinateur auteur, romancier, réalisateur, talentueux et on ne peut qu’être admirative de son œuvre. Donc elle a raison d’être fan 😉

Je lis, qu’elle a été enseignante dans une école d’art, école dans laquelle elle a aussi suivit son cursus….

En 2020, elle a reçu le prix Artemisia pour Carnage. Le Prix Artemisia récompense chaque année une bande dessinée réalisé par une femme.

 

 

Pucelle

Parlons de sa Bande dessinée Pucelle.

Au début j’étais réticente, Pucelle, quel nom de bande dessinée horrible, Pucelle, à mon oreille cela sonnait un peu comme une insulte.

Et puis, j’ai lu quelques critiques sur les réseaux sociaux, critiques qui était plutôt bonnes, alors j’ai décidé de franchir le pas et d’ouvrir les yeux.

Pucelle, c’est une autobiographie en 2 tomes. C’est presque un documentaire qui expliquerait comment, nous, les filles, nous sommes nous, le sujet de cette bande dessinée, comment donc, nous découvrons notre corps et le rapport de notre corps aux autres. Les autres incluant bien sûr, les garçons, mais pas que les garçons, cela commence avec les parents, la mère, la petite sœur, le petit frère etc….

C’est l’histoire de Florence que l’on voit grandir tout au long de ces deux tomes. Personnellement, j’étais contente de pouvoir lire le 1er avant d’aborder le 2eme tome. Cela permet d’entrer de plein pied dans l’enfance de Florence.

Florence, grandit dans une famille catholique et bourgeoise. Les deux sujets sont extrêmement bien abordés et critiqués. On sent qu’il y a du vécu 😉

Mais ce n’est pas le sujet de cette bande dessinée, les garçons et la sexualité ne sont pas non plus, le sujet, le sujet est plus complexe, plus difficile aussi. Le sujet c’est nous. Nous et toutes les étapes, parfois différentes pour certaines, qui nous amènent à réaliser la complexité de notre corps. Car oui le corps d’une femme est complexe, compliqué diraient certains, ok compliqué, je ne sais pas si le mot est juste, simplement il ne faut pas le prendre de façon péjorative. Car en fait, ce qui est compliqué peut être beau si c’est bien expliqué, et c’est vraiment tout le sujet de cette bande dessinée. Expliquer avec des mots simples et quelques coups de crayon rapides à quel point on nous explique mal, la complexité de nos corps de femmes en devenir.

C’est intense car tout est abordé de façon un peu décousue, un peu comme une enfant qui grandit et qui reçoit plein d’informations de façon désordonnée et qui essaye de les classer. C’est un peu embrouillé mais c’est un peu la vie, il me semble.

Alors, bien sûr on n’est pas obligés de toutes se reconnaitre dans cette BD. On n’est pas toutes issues de familles riches, religieuses ou rigide à ce point mais il relève quand même beaucoup de tabous dans lequel nous avons pour beaucoup grandies. Beaucoup de non-dits ou plutôt de non expliqués qui lorsque l’on est une petite fille peuvent provoquer des peurs, des angoisses irréparables. Je citerais dans un ordre relatif et certainement incomplet :  les règles, les poils des jambes, le « dépucelage », la « reproduction », l’enfantement, les droits de la femme, et le dernier mais pas des moindres, le plaisir de la femme.

J’ai adoré le dessin simple, sans fioritures ni trop de couleurs, un peu caricatural c’est comme dessiné rapidement sur le coin d’une table. C’est un dessin caricatural mais réaliste dans les sentiments, et surtout dans les explosions de sentiments.

Ce sont de grandes planches d’explosions de vie et de ressenties et le trait est bien là pour nous le faire réaliser, ce ressenti.

Je ne dirais pas que c’est une belle histoire ou une belle bd, non c’est le conte d’une découverte intime, qui est vraiment, vraiment super bien conté.

Pucelle, c’est – WOUAH -, oui c’est ça, je n’aimais pas ce mot Pucelle car derrière il y a cette image dévoyée avec laquelle j’ai grandi. Pucelle, c’est un mot tabou mais c’est ce que la femme doit être avant d’enfanter. Pucelle, c’est celle qui ne sait pas. Dans cette BD tout y est abordée, tous ces silences gênés sur des sujets tellement important. Et j’ai vraiment apprécié comment dans Pucelle sans vulgarité, ni gêne, l’autrice aborde tous ces sujets.

 

Pucelle par les éditions Dargaud c’est par ici

 

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