Chroniques Littéraire

Chronique littéraire #2

today29 janvier 2021 10 1

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Dans cette chronique, je vous parle de l’auteur Emmanuel Carrère et de son livre Yoga

Le podcast de l’article

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    Chronique littéraire #2 francoise

L’auteur

Emmanuel Carrère est un écrivain, journaliste, scénariste et réalisateur français.

Il naît le 9 décembre 1957 à Paris.

Ancien élève de Janson-de-Sailly et diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, descendant d’une lignée de princes russes où l’on a même compté un éphémère roi d’Albanie, il est le fils de Louis Édouard Carrère et de la soviétologue et académicienne Hélène Carrère d’Encausse, et le frère de Nathalie Carrère et de Marina Carrère d’Encausse.

Je ne connais pas tout ce beau monde mais j’imagine bien qu’il s’agit d’un monde auquel chers auditeurs nous n’appartenons pas.

Emmanuel Carrère débute sa carrière en tant que critique de cinéma pour les revues Positif et Télérama.

En 1982, il signe son premier livre, un essai consacré au réalisateur Werner Herzog. Son premier roman, intitulé L’Amie du jaguar, est publié chez Flammarion en 1983.

L’année suivante, Carrère publie un nouveau roman, Bravoure, aux éditions POL, société d’éditions crée par Paul Otchakovsky-Laurens d’où le nom de la société aux initiales de son créateur POL. Paul qui deviendra son éditeur préféré et régulier, son ami comme il le dit dans son dernier livre, Yoga.

Vient ensuite, L’Adversaire, c’est un livre qui raconte l’affaire Jean-Claude Romand, pour rappel Jean Claude Romand est cet homme qui pendant 18 ans a menti à sa famille en se faisant passer pour un médecin et qui a ensuite assassine sa femme ses enfants et ses parents.

Ce livre marque un point tournant dans la carrière d’Emmanuel Carrère.

Fasciné par l’irruption du fantastique dans la réalité, une fascination pour la folie, la perte de l’identité, le mensonge, il fait de l’affaire Jean-Claude Romand l’un de ses plus célèbres ouvrages.

Ce roman : sera ensuite adapté au cinéma par Nicole Garcia en 2002.

Dans le même temps Il entame une carrière de scénariste avec l’adaptation de ses propres romans, il y a l’adversaire mais aussi la Moustache.

Il est très actif dans le milieu cinématographique, ayant réalisé et scénarisé plusieurs films ainsi qu’un documentaire.

En 2010, il est membre du jury de la compétition officielle du Festival de Cannes, présidé par Tim Burton.

En 2011, il reçoit le prix Renaudot pour sa biographie romancée de l’écrivain, dissident et homme politique russe Édouard Limonov, avec lequel il a vécu pendant trois semaines à Moscou pendant la préparation du livre.  C’est un des grands succès commerciaux de la rentrée littéraire 2011.

En 2018, Emmanuel Carrère obtient le prix de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Le prix BnF récompense chaque année un auteur francophone pour l’ensemble de son œuvre.

Primé pour sa capacité à pratiquer tous les styles d’écriture, Emmanuel Carrère est le dixième lauréat figurant au palmarès du prix BnF.

Quelques prix à son actif

 

1985 – Prix littéraire de la Vocation, Bravoure

1987 – Grand Prix de l’imaginaire, Le Détroit de Behring

1988 – Prix Kléber Haedens, Hors d’atteinte

1995 – Prix Femina, La Classe de neige

2007 – Prix Duménil, Un roman russe

2010 – Globe de Cristal, D’autres vies que la mienne. Ce livre recueille l’histoire de plusieurs personnes qui ont croisé sa vie et sont marquées par la maladie, le handicap ou le deuil.

Il semblerait que ce soit un de ses premiers romans ou il parle enfin des autres. A savoir pas de lui 😉

2010 – Grand Prix de littérature Henri Gal de l’Académie française, l’ensemble de son œuvre

2011 – Prix de la langue française

2011 – Prix Renaudot, pour sa biographie romancée de l’écrivain, dissident et homme politique russe Édouard Limonov

Dans la plupart de ses œuvres Emmanuel Carrère est reconnu comme un écrivain mêlant l’intrigue principale à l’évocation de son propre parcours

Je ne vais pas citer toutes ses œuvres c’est un écrivain prolifique à tout égard en romans, fictions, essais et filmographie.

 

Le Livre

YOGA

C’est un livre qui normalement parle du Yoga. Et c’est bien le cas, au début tout au moins, alors le yoga ce n’est pas une discipline qui m’attire personnellement mais je veux bien en concevoir l’attrait et l’intérêt pour nombre de mes amis.

C’est un livre intime ou l’auteur se raconte sans pudeur.

Il est drôle, souvent touchant, il a un sens de la narration hors du commun, parce qu’il donne une profondeur à la moindre anecdote qui se transforme en leçon de vie.

Son style est captivant, facile avec un rythme et des descriptions souvent amusantes

Il parle de méditation avec une cascade de définitions toutes très judicieuses et encourageantes, ça donne vraiment envie de faire du yoga jusqu’au moment ou en fait l’on se rend compte qu’il parle surtout de lui et toujours de lui.

C’est un bipolaire de phase 2, alors je ne sais pas si vous connaissez cette maladie mais elle est extrêmement compliquée à vivre pour le malade comme pour son entourage.

C’est aussi un homme qui malgré sa fortune et ses moyens ne trouve pas le chemin du bonheur.

J’ai noté cette phrase :

« Sans me vanter, je suis exceptionnellement doué pour faire d’une vie qui aurait tout pour être heureuse un véritable enfer …. »

L’enfer on va le vivre avec lui dès la deuxième partie de l’œuvre ou il va nous raconter sa descente aux enfers et son retour à la vie.

Il raconte ses errements, sa dépression, son internement à Ste Anne, les électrochocs qu’il y a subi… il raconte ses angoisses, ses peurs, sa folie, et en fait il nous décrit avec forces de convictions sa maladie.

C’est un livre qui fait partie de ces livres ou le « JE » est omniprésent cela en devient presque fatiguant ce manque d’empathie envers autrui, à quel point il ne se voit que lui, il ne parle que de lui et même quand il s’imprègne de la vie de ces immigrés revenu de l’enfer c’est son enfer à lui qu’il raconte.

C’est un livre que j’ai aimé mais qui me laisse sur la fin un gout amer.

Je reprendrais cette phrase de l’auteur :

« La littérature est le lieu où on ne ment pas »

Mais cet ouvrage se retrouve au cœur d’une polémique. En effet, le 29 septembre 2020, sa femme Hélène Devynck, qui est mentionné dans le livre – exerce son droit de réponse

Et publie la lettre suivante, je vous la lit en partie car de mon point de vue elle explique bien le gout amer que peu laissé ce livre

Je vous la lit :

« Ce récit, présenté comme autobiographique, est faux, arrangé pour servir l’image de l’auteur et totalement étranger à ce que ma famille et moi avons traversé à ses cotés.

Emmanuel fait de sa maladie psychique et de ses soins une description complaisante. Il a été hospitalisé dans un service fermé où je le visitais quotidiennement et dont il n’a quasiment pas de souvenirs. Il a subi des électrochocs que je n’ai pas autorisés, à un moment où on ne pouvait plus recueillir son consentement. Les accès de mégalomanie bipolaire sont à peine évoqués.

Le lecteur peut croire qu’après Saint-Anne, Emmanuel s’en sort en allant deux mois à la rencontre des vrais malheurs du monde, ceux de jeunes réfugiés piégés sur la route d’une vie meilleure dans l’île grecque de Leros. Les deux mois n’ont duré que quelques jours, en partie en ma compagnie. Mais surtout, c’était avant l’hôpital, avant même qu’un diagnostic soit posé sur un comportement insensé dont j’essayais, avec les moyens du bord, de contenir les débordements d’agressivité. Un travail de reportage me semblait être une planche de salut pour lutter contre les violences d’un égo despotique. L’épisode dilaté est présenté comme une sortie de dépression, un retour à la vie. Le contraire de la réalité.

Je pourrais multiplier les exemples. La liste serait fastidieuse.

Yoga est un succès commercial salué par une critique enthousiaste qui prend pour argent comptant la fable de l’homme à nu, honnête et souffrant, qui a remonté la pente en claudiquant et voudrait bien devenir « un meilleur être humain ».

Les lecteurs sont libres de croire ou de douter. L’auteur est libre de raconter sa vie comme il veut, comme il peut. Je voulais, moi, avoir la liberté de ne pas en être, de ne pas être associée à un spectacle présenté comme sincère où je ne reconnais pas ce que j’ai vécu. »

Voilà ce sont les paroles de Hélène Devynck la femme d’Emmanuel Carrère.

Pour terminer un point important et qui est pour moi réellement positif. C’est que ce livre nous explique une maladie réelle qui est la dépression. C’est une maladie qui touche nombre de personnes. Il ne faut pas en déprécier les conséquences qui pour certains peuvent mener au suicide. Je le répète c’est une maladie. Elle se soigne et des médicaments existent.

Yoga, d’Emmanuel Carrère est sorti en 2020, il est consultable à librairie de Luzy, je vous conseille de le réserver et de vous y plonger tranquillement ce n’est pas triste, ce n’est pas gaie, c’est l’histoire d’un homme qui cherche son bonheur.

Écrit par: francoise

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